Lait, gaz butane, argent à la poste… Les pénuries sont de retour
Des milliers de citoyens subissent ces derniers jours, des pénuries dues à des problèmes de distribution. Depuis le début du mois de Ramadhan, des produits et autres commodités viennent à manquer, plongeant les familles dans un véritable désarroi. Si certaines pénuries ont pour origine des…
Des milliers de citoyens subissent ces derniers jours, des pénuries dues à des problèmes de distribution. Depuis le début du mois de Ramadhan, des produits et autres commodités viennent à manquer, plongeant les familles dans un véritable désarroi.
Si certaines pénuries ont pour origine des causes bien claires, d'autres restent inexplicables. C'est le cas notamment du gaz butane. Dans plusieurs communes de la wilaya d'Alger, des files d'attente ont été perceptibles ces derniers jours, au niveau des points de vente de Naftal. Une situation qui s'est répercutée sur l'approvisionnement des communes. Cette pénurie, faut-il le rappeler, est la première à paraître en plein mois d'été. L'hiver dernier, la demande sur le gaz butane était tellement importante que la satisfaction des besoins des populations était difficile voire impossible.
Le pays avait connu une véritable crise de bouteille de gaz. "Mais que le problème fasse son apparition en plein été, c’est du jamais vu" soutiennent plusieurs citoyens. Selon nos sources, les distributeurs de bouteilles trouvent eux aussi de la peine à s'approvisionner pour pouvoir alimenter les foyers. En attendant que des mesures soient prises pour en finir avec ce dysfonctionnement, plusieurs familles font de longs trajets pour acheter des bouteilles de gaz et il est à craindre un retour de la spéculation. L'autre produit de première nécessité dont le manque pénalise sérieusement plusieurs régions en Kabylie, est le lait. Les citoyens, apprend-on, trouvent toutes les peines du monde à acquérir un sachet de lait. Ce qui n'est pas pour arranger les pères de familles dont le lait est indispensable à la table du f'tour. Les plus nantis ont recouru au lait de boites, relativement plus cher, alors que les petites bourses préfèrent, tout bonnement, s'en passer.
Cette pénurie, faut-il le préciser a pour origine la grève illimitée enclenchée par les travailleurs de la laiterie de Draâ ben Khedda. Pour faire face à cette situation, l'Office national interprofessionnel de lait (ONIL) a octroyé un quota supplémentaire équivalant à 120 000 litres/jour de poudre de lait pour trois unités de production, du lait pasteurisé conditionné (LPC) de Tizi-Ouzou. Ce quota supplémentaire permettra de "baisser la tension" sur ce produit de large consommation. Outre le manque de gaz et de lait, qui pénalise des millions de familles algériennes, en ce mois de Ramadhan, un autre problème, et pas des moindres, débarque et risque de s'installer à force que le mois de jeûne avance. Il s'agit du manque de liquidités dans les bureaux de poste. En fait, des agences postales dans de nombreuses wilayas du pays connaissent des files d'attente et des altercations dues au manque d'argent au niveau des recettes. Cette pénurie risque de perdurer, mais surtout de toucher d'autres bureaux de poste dans les prochains jours. Et pour cause, l'approche de l'Aïd et la forte demande sur l'argent exprimée par les clients. Faut-il rappeler que chaque année, Algérie Poste trouve des difficultés à répondre à la forte demande de ses clients. Une situation empirée par le manque de liquidités et les lourdeurs dans le règlement de ces dysfonctionnements. Va-t-on assister aux scénarios des années précédentes se reproduire. Tout porte à le croire.
Par Aomar Fekrache
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