Ces intellectuels faussaires qui aiment tant la clandestinité
Ils sont nombreux en Algérie. Ce sont de véritables bataillons qui écument la société. La majorité d’entre eux ne sait ni lire ni écrire. Pour tromper le public, ils recourent à la spécialité qu’ils maitrisent le plus : le mensonge. Ils inventent des histoires tout en se retranchant dans une…
Ils sont nombreux en Algérie. Ce sont de véritables bataillons qui écument la société. La majorité d’entre eux ne sait ni lire ni écrire. Pour tromper le public, ils recourent à la spécialité qu’ils maitrisent le plus : le mensonge. Ils inventent des histoires tout en se retranchant dans une clandestinité hautement psychanalysable. Tout le temps dans les cercles du pouvoir ou dans sa périphérie immédiate, ils voient partout des gens qui les espionnent, qui les persécutent. A force d’accuser tout le monde, ils se sont auto convaincus de leurs délires et instaurer un climat de suspicion et de paranoïa à tous les niveaux de la société. En un mot, ce sont de véritables paysagistes décorateurs (pour ne pas recourir au mot schizophrène qui convient le mieux) qui fabriquent de la fausse monnaie intellectuelle et politique pour ne pas se découvrir. Je n’ai jamais vu Assia Djebar, Mouloud Mammeri, Kateb Yacine, Mohamed Dib qui pourtant donnaient du fil à retordre au régime, fuir la conversation, fermer les portes de leurs domiciles ou se retrancher dans la clandestinité, alors que le système politique en place favorisait la paranoïa…Bien au contraire, ils partaient à la rencontre de tout le monde. Les maisons de Kateb Yacine et de Mouloud Mammeri au centre familial de Ben Aknoun et à El Biar étaient des lieux de pèlerinages pour tous les étudiants et universitaires algériens assoiffés de se sourcer à la vraie culture algérienne et maghrébine.
Certains parmi ces faussaires qui jouent aux élites persécutées par la police politique sont en réalité le prolongement naturel du pouvoir, alors que les autres sans le savoir peut être sont les instruments inconscients de l’ordre établi. Je n’ai pas vu ou entendu Addi Lahouari, Daho Djerbal, Med Harbi, Med Samraoui… se plaindre de la persécution alors que Dieu seul sait combien le pouvoir les méprise.
Mais peut-il en être autrement lorsque la société crédule à l’infini n’a plus aucun repère intellectuel et culturel ? Les accusations imbéciles, le mensonge sont devenues la marque de fabrique des nouveaux intellectuels algériens. Ces « faussaires » qui n’ont jamais produit le moindre travail intellectuel, assènent sans aucun scrupule des contrevérités pour défendre telle ou telle cause. Ce sont de vrais intouchables. Quoi qu’ils racontent, on les respecte et personne n’ose les contre dire. On les accueille à bras ouverts dans la presse, dans les partis politiques, dans les associations ou ils jouent au coq du village.
Si bien qu’aujourd’hui il suffit juste de jouer à la victime du régime et lancer quelques accusations contre les électrons libres qui empoisonnent la vie du régime pour devenir une star intellectuelle courtisée par tout le monde.
Par Said Radjef
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