Les algériennes et les algériens ne sont ni des mineurs ni du ghachi

Ils ont construit leurs thèses sur du faux, sur des illusions, ils accusent le peuple d’être du ghachi. Quand ils n’arrivent plus à le manipuler, ils le traitent de mineur. Quand ils n’arrivent plus à obtenir ce qu’ils veulent, ils lui collent l’infamante étiquette de ghachi. Le peuple est bête et…

أبريل 21, 2013 - 05:40
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Les algériennes et les algériens ne sont ni des mineurs ni du ghachi

Ils ont construit leurs thèses sur du faux, sur des illusions, ils accusent le peuple d’être du ghachi. Quand ils n’arrivent plus à le manipuler, ils le traitent de mineur. Quand ils n’arrivent plus à obtenir ce qu’ils veulent, ils lui collent l’infamante étiquette de ghachi. Le peuple est bête et méchant, disent-ils. Le peuple qui dit non à la complaisance et aux faux semblants serait-il donc comme l’affirment les élites du ghachi qui ne sait pas choisir ses représentants, qui ne sait pas penser et qui est ingouvernable? Mais les appeler « élites », n’est-ce pas beaucoup leur accorder ? Et que valent ces élites en question à l’aune même des critères qu’elles appliquent aux autres ? Répondre complètement à cette question exigerait de revoir l’interminable liste des erreurs accablantes de diagnostic, de pronostic, de conseils malavisés, de corruption de l’imaginaire collectif, de la déstructuration de la mémoire collective, d’alliances contre nature, de trahisons, de forfaitures, de calamités « intellectuelles » à répétition, d’obstination dans l’erreur, de passion pour le faux et le populisme.

Outre les thèses mensongères qu’elles produisent à longueur de journée pour ne pas éveiller les consciences, pour disqualifier les vraies compétences et ne pas perdre les privilèges qu’elles détiennent depuis qu’elles ont remplacé la colonisation, les élites ont volontairement comploté et aidé le régime pour empêcher le peuple d’être souverain et maitre de son destin. Pourtant, ce peuple qui a définitivement tourné le dos à ses élites, n’a jamais couché comme un petit toutou dans le lit du régime. Comme le montrent si bien les scrutins successifs qui se sont tenus depuis l’indépendance à ce jour, ce peuple qu’on traite avec sarcasme de ghachi a toujours dit non au pouvoir. Le peuple n’a jamais menti, comme il n’a jamais trahi personne.

N’étant plus en mesure de se constituer en alternative au régime, les élites accusent le peuple de leur propre échec, de toutes les tares congénitales possibles. A les écouter, il est a se demander si ce peuple est bien celui qui a sonné le glas des empires coloniaux au siècle dernier tant les charges qu’on retient contre lui sont de nature a faire penser que les algériennes et les algériens sont un peuple de fainéants et de bras cassés incapables de la moindre initiative.

Après avoir tenté vainement de le déposséder et de le désapproprier de sa souveraineté en lui faisant épouser des idéologies qui ne sont pas les siennes, nos élites bien pensantes reviennent à la charge à moins d’une année du scrutin présidentiel, avec un ton plus que menaçant : peuple algérien, si tu ne chasse pas Bouteflika du trône et tu ne nous porte pas à sa place, alors on te traitera de ghachi ! Et à l’occasion, nos élites ne manquent pas de sortir leur grosse artillerie intellectuelle pour nous associer à des débats aussi faux que stériles. Avec un ton narcissique si cher aux âmes auto sublimatrices spécialisées dans la « chita » et la flagornerie, on gratifie une armée clandestine pour son rôle majeur dans le maintien de l’unité et de la cohésion nationales, tout en déplorant l’attitude des quelques caporaux qui ont conduit dans un char Bouteflika à la présidence ; on fait semblant de s’intéresser dans des analyses ridicules et stupides à un candidat sans parti politique et sans base populaire ; sans quitter son domicile, on donne l’illusion qu’on vit parmi le peuple en drainant jour des foules immenses derrière soi…En fin, on raconte un tas de sornettes rien que pour faire partie du pouvoir. Et quand le rêve ne se réalise pas, on trouve vite le coupable idéal : le peuple, ce ghachi, cette plèbe que le DRS aurait corrompue.

Le peuple veut le changement, le vrai changement du régime. Il exige le retour de l’armée dans les casernes et la restauration de l’ordre politique et intellectuel dans le pays. Il refuse de se contenter d’un changement de façade ou il est question de remplacer x par y. Le peuple connait ses dirigeants et ses élites, et sa démarche ressemble à s’y méprendre à la réponse du berger à la bergère.



Par Said Radjef

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