J P Chevènement et le premier wali d’Oran
Avant Tito qui déplorait la manière avec laquelle les autorités algériennes géraient les affaires du pays, J P Chevènement, un partisan qui milite pour la liberté des peuples, avait prédit la faillite de l’Etat algérien alors qu’il était encore à Oran en qualité de préfet de la ville, en train…
Avant Tito qui déplorait la manière avec laquelle les autorités algériennes géraient les affaires du pays, J P Chevènement, un partisan qui milite pour la liberté des peuples, avait prédit la faillite de l’Etat algérien alors qu’il était encore à Oran en qualité de préfet de la ville, en train d’attendre son successeur algérien pour les passations de consignes.
Après plusieurs semaines d’attente, alors que dans un exode sans précédent, marqué de violences inouïes, la majorité des français ont quitté dans la précipitation avec les larmes et le sang de la pacification le sol algérien, le successeur de J P Chevènement fit son apparition au milieu de la préfecture somptueuse, parmi le personnel.
Ne croyant pas ses yeux, J P Chevènement jeta en prison « l’intrus » qui au fait était connu des services de la police pour son passé de délinquant sexuel et de voyou dans les milieux oranais. Cet intrus en question n’avait aucune relation avec la révolution et la cause indépendantiste du peuple algérien. « Je m’attendais à recevoir un révolutionnaire, on m’a envoyé un délinquant notoire », confia Chevènement à ses amis algériens établis en France, un demi siècle après.
Et d’ajouter : « Mais quelle fut ma surprise lorsqu’au bout du fil Benbella en personne me demanda de libérer le délinquant et de lui remettre les clés de la préfecture d’Oran…A ce moment là, je savais que l’Algérie n’ira pas loin. »
Mais le successeur de J P Chevènement n’était rien à coté d’Ahmed Draia, un convoyeur devenu le premier policier de l’Algérie indépendante. Rien que son nom terrorisait les Yacine, Dib, Issiakhem, Mammeri, Djebar, Haddad, Sénac …Bien des années plus tard, Ali Zammoum avec son compagnon de toujours Kateb Yacine, ne cessaient de sourire en se racontant les anecdotes liées au rustre personnage d’Ahmed Draia, à la Djemaâ d’Ighil Imoula. « Ah, le maquereau ! il a pris en otage la révolution », disait souvent l’auteur de Nedjma avec un sourire triomphal.
Cependant, la cerise sur le gâteau nous vient de la vallée du Djurdjura, berceau du 1ernovembre 1954. Les premiers à succéder aux autorités françaises au lendemain des Accords d’Evian, des repris de justice de droit commun dont certains furent condamnés à mort bien après 1958, c’est-à-dire après que de Gaulle eut amnistié tous les militants armés de la cause indépendantiste…Grand nombre parmi ces repris de justice de droit en commun, a été versé dans les rangs de la sécurité militaire au lendemain du coup d’Etat du 19 juin 1965…Qui peut que l’Algérie n’est pas la république des maquereaux par excellence ?
Par Said Radjef
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