Maroc-Algérie : Retour à la case départ
Contrairement à ce que Mourad Medelci, chef de la diplomatie algérienne, avait annoncé: les frontières maroco-algériennes “ne resteront pas fermées éternellement”, la réouverture ne semble pas prévue dans un avenir proche. L'Algérie a, semble-t-il, commencé à changer de position. Les…
Contrairement à ce que Mourad Medelci, chef de la diplomatie algérienne, avait annoncé: les frontières maroco-algériennes “ne resteront pas fermées éternellement”, la réouverture ne semble pas prévue dans un avenir proche. L'Algérie a, semble-t-il, commencé à changer de position.
Les accusations respectives entre Rabat et Alger, auxquelles on a eu droit depuis jeudi dernier, ne cessent d’enfler. Le climat s'envenime entre les deux voisins, depuis la sortie médiatique, il y a quelques jours, d'un responsable du ministère des Affaires étrangères algérien, qui a voulu gardé d'anonymat, pour rappeler les conditions d'Alger pour la normalisation de ses relations avec le Royaume.
Pour le voisin, toute réouverture des frontières terrestres avec le Maroc est conditionnée tout d'abord par l’arrêt de “la campagne de dénigrement menée par des cercles officiels et non officiels marocains contre l'Algérie”, selon une déclaration de Amar Belani, porte-parole de la diplomatie algérienne, le 18 juin dernier.
Le voisin algérien demande aussi le “respect de la position algérienne au sujet de la crise du Sahara”, alors que le soutien inconditionnel d'Alger à l'égard des séparatistes du Polisatrio laisse perplexe, quand on entend son discours charmeur et ses positions farouches.
Ces conditions font suite, selon Amar Belani, à “la campagne médiatique” menée par le Maroc contre l’Algérie, qu'il qualifie “d’escalade préméditée”, dixit le quotidien algérien Al Watan, dans son édition du mardi.
Nos médias irritent le voisin algérien
Dans une déclaration faite à l’agence de presse APS, Amar Belani a estimé qu’à l’origine de cette campagne médiatique, il y a d’abord un “acte d’hostilité inqualifiable mettant en cause l’intégrité territoriale de l’Algérie”.
“Il est intéressant de revenir sur le séquentiel de cette escalade que tout laisse à penser qu'elle est préméditée puisqu’elle répond à des considérations multiples qui ne nous échappent point.”
AMAR BELANI, PORTE-PAROLE DE LA DIPLOMATIE ALGÉRIENNE, CITÉ PAR L'AGENCE APS.
M. Belani n'a pas manqué de rappeler “les propos martiaux d’une gravité extrême, repris par les médias marocains et tenus par le chef d'un parti politique, membre de la coalition gouvernementale”, qui n'est autre que Hamid Chabat.
Une “approche dangereuse” selon Youssef Amrani
Cette réaction a été tout à fait attendue, surtout après l'intervention de Youssef Amrani, ministre délégué aux Affaires étrangères et à la coopération, jeudi dernier lors du JT de 2M.
Youssef Amrani, réagissant aux conditions posées par plusieurs responsables algériens pour la normalisation des relations avec le Maroc, avait souligné que “personne n'a le droit aujourd'hui de prendre en otage le destin d'une région et de deux peuples frères.”
Il a qualifié les conditions d'Alger d'“approche dangereuse et inacceptable qui nous ramène à une logique obsolète et à une lecture largement dépassée, rappelant la culture et les réflexes de la Guerre froide”.
“Aujourd'hui, nous constatons que l'Algérie rompt, de manière unilatérale, un engagement convenu au plus haut niveau et réitéré à maintes reprises, de découpler la gestion du dossier du Sahara marocain de l'évolution des relations bilatérales. Je considère que l'Algérie se contredit. Il s'agit là d'un nouveau discours. Plus encore, d'une position nouvelle.”
YOUSSEF AMRANI, MINISTRE DÉLÉGUÉ AUX AFFAIRES ÉTRANGÈRES ET À LA COOPÉRATION.
Alger a-t-elle décidé de revoir ses cartes, surtout au moment où se prépare l'après-Bouteflika, hospitalisé depuis un moment à Paris à la suite d'un AVC ?
En tout cas pour Jawad Kerdoudi, président de l'Institut Marocain des Relations internationales (IMRI), “les conditions posées par l'Algérie pour une normalisation des relations avec le Maroc constituent une nouvelle manœuvre du pouvoir en place pour maintenir le statu quo dans ses relations avec Rabat et l'immobilisme de l'Union du Maghreb Arabe (UMA)”.
A l'en croire, “tant que la vieille garde des années 60 est encore au pouvoir, il n'y aura, malheureusement, aucun changement”. Retour donc à la case départ.
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