Disparitions forcées: «L’Algérie essaie de classer l’affaire»

INTERVIEW – Nassera Dutour est porte-parole du Collectif des Familles de disparus en Algérie, qui vient de publier un rapport intitulé «Le régime algérien à l’épreuve des droits de l’Homme, l’illusion du changement». Elle fait le point pour «20 Minutes» sur la reconnaissance des milliers de…

يوليو 30, 2013 - 20:20
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Disparitions forcées: «L’Algérie essaie de classer l’affaire»

INTERVIEW – Nassera Dutour est porte-parole du Collectif des Familles de disparus en Algérie, qui vient de publier un rapport intitulé «Le régime algérien à l’épreuve des droits de l’Homme, l’illusion du changement». Elle fait le point pour «20 Minutes» sur la reconnaissance des milliers de disparitions forcées pratiquées par l’Etat dans les années 1990…

Les disparitions forcées ont été l’un des instruments principaux de la «sale guerre» déclenchée en janvier 1992 par les généraux algériens contre ses opposants et la population civile. L’Algérie a reconnu officiellement  le nombre des «disparus» à 8.023, selon le Collectif des Familles de disparus en Algérie (CFDA), mais les ONG de défense des droits de l’Homme l’estiment aujourd’hui de 15 000 à 20 000. Des familles de disparus continuent à se mobiliser pour obtenir la vérité sur le sort de leurs proches. Nassera Dutour, porte-parole du CFDA et dont le fils a lui-même disparu en 1997, fait le point sur la situation.

Vous militez depuis 1998, date de la création du Collectif des Familles de disparus en Algérie (CFDA), pour «défendre le droit à la vérité et à la justice des familles de disparus». Avez-vous obtenu des satisfactions?

Non malheureusement, aucune. On a cru que oui, pendant un moment. En 2001, une pétition avait été signée par douze députés algériens réclamant la vérité et la reconnaissance officielle de 4.884 cas de disparitions par le ministère de l’Intérieur. Jusqu’alors, cette histoire avait été totalement niée par l’Etat, donc on était plutôt content. En 2002, on nous a dit «le problème sera réglé». Une commission soit disant de «vérité» a été mise en place à la veille de la présidentielle [la Charte pour la paix et la réconciliation nationale, ndlr]. Puis il ne s’est rien passé.

Les familles ont tout de même été convoquées à se présenter à la Commission nationale consultative pour la promotion et la protection des droits de l’homme. Dans quel but?

Ils n’ont pas donné le motif de convocation. Sur place, il ne s’agissait que de remplir un formulaire sur les circonstances de la disparition, alors que des mères de disparus s’attendaient à des bonnes nouvelles. J’en ai vu s’évanouir, d’autres pleurer. En fait, ils voulaient savoir qui acceptait d’être indemnisé. Depuis, l’Etat dit que ces disparus sont décédés. Mais où sont les corps? Pourquoi ne pas les rendre aux familles? Ils essaient de classer l’affaire. La quasi-totalité des familles ont accepté l’indemnisation, mise en place à partir de 2006 et d’un montant d’environ 16.000 dinars par mois [le smic est à 18.000 dinars] à partager entre l’épouse, le père, la mère et les enfants.

Vous êtes vous-même une mère de disparu après l’enlèvement de votre fils Amine le 30 janvier 1997. Mais vous refusez cette indemnisation…

Oui car leur stratégie c’est d’indemniser les familles pour les faire taire. La procédure d’indemnisation devait durer douze mois. Or, aujourd’hui encore, je suis convoquée tout le temps pour cela. J’ai dû faire une lettre pour dire que c’était du harcèlement et que je n’en voulais pas! Quand on reçoit une convocation, il y a toujours un doute: va-t-il être vivant? Mort? J’ai appris la disparition de mon fils par téléphone. Depuis, à chaque coup de fil, je tressaute. Je reçois aussi des menaces et des appels anonymes.

Au début, les familles des disparus étaient mal perçues…

Oui car les gens croyaient que c’était des terroristes, comme le répétaient les autorités. Parfois on nous considère encore comme tel, mais on a fait évoluer les mentalités. Depuis 1998, on fait un rassemblement hebdomadaire devant la Commission nationale pour la promotion et la protection des droits de l’Homme (CNCPPDH), à Alger. Cela a fini par attirer la sympathie.

Attendez-vous toujours le retour de votre fils?

Ça dépend des moments. Au bout de quinze ans, on se dit qu’il ne va pas revenir. Mais c’est lui qui revient dans mes rêves et me secoue. Il ne veut pas que je croie qu’il est mort. Avec les autorités, on verra qui aura le dernier mot. On saura la vérité. Si ce n’est pas aujourd’hui, ce sera demain. En Argentine, le processus a duré 30 ans, et aujourd’hui des procès sont en cours.

Pensez-vous que cela puisse changer après l’ère Bouteflika?

Après Bouteflika il y aura un autre Bouteflika, que l’on n’aura pas élu librement. Cela ne changera pas.

 Propos recueillis par Faustine Vincent

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التعليقات (3)

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jenasse facebook
jenasse facebook 13 سنوات منذ
<strong>restification</strong> jenesse face book il falait ecrire dix huit mois d ivestigation. aussi ecrire khaled ne. nazzar
jeunesse facebook
jeunesse facebook 13 سنوات منذ
<strong>genéraux assassins</strong> chers compatriotes apres dix huit d investigation par des citoyens algeriens volontaires et via le facebook a code secret impossible a dechiffrer nous avons obtenus une liste reele sans falcification ni contre facon allah est temoin de nos actes .voici la liste des crimes comis contre le peuple algerien pendant la decenie du sang decenie planifié et executé par le generale khaled narrar et ses mafias militaire. la liste. nombre de morts ayant une tombe reconu 256924. nombre de disparus sans laisser de traces 23410. nombre de veuves a qui leurs mari a été egorgés comme des moutons 124534. nombre des sans abris 24538. nombre des jetés en mer cote base naval el mers lakbir a 20 kilometres loin de wahrane en plein mer 13201. nombre de malades mentales causés par la pression du drame de la decenie noire 686243. une dame instutrice un jour du mois de janvier 1994 sort de sa maison un bon matin pour aller a son trvaile . en sortant de la porte de sa petite maison a touvé 3 tetes des coupés de ses trois freres sans cadavres uniqueent les tetes le sang frais coulait encor. e cette dame est tombé malades de psychoses de delires de persecution et desordre mentale severe elle soigne toujours depuis 20 ans a l hopitale ain ennaaja sans resultat . nous jeunes qui contrubier a la realisation de cette listes des crimes contre l humanites comis par les generaux nous avons envoyés des copies de cette liste au tribunale internationale de geneve pour constitueir un dossier jugement ou les generaux responsables de genocide envers un peuple inocent .nous avons recu une confirmation du trubinale de l acceptation de notre affaire crime contre l humanite . les responsable du trubinale nous ont promis l etude approfondu pour juger les generaux assassins quand les conditions seront favorable dans les mois suivant au plus tard decembre 2013.
BENABADJI
BENABADJI 13 سنوات منذ
<strong>le regime assasin des harkis allait-il pouvoir classer l\&#x27;affaire monstrue&amp;nbsp;use des 25.000 disparus forces des annees 90</strong> Comment le regime assasin des harkis allait-il pouvoir classer l\'affaire monstrue&nbsp;use des 25.000 disparus forces des annees 90? Les 300.000 algeriens massacres sauvagement durant cette periode sombre de l\'histoire de l\'Algerie independante, appelee decennie noire,le peuple algerien allait-il tourner cette page macabre ecrite avec le sang des martyres sur le registre noire et sanglant des harkis ? impossible a imaginer&nbsp;! En distibuant des milliards de dollars a travers le monde pour acheter des consciences et le silence de certains puissants de ce monde pour echapper a la justice internationale pour crimes contre l\'humanite commis sur le peuple algerien,le regime des harkis assassins ne fini pas d\'en trembler malgre tout de peur de se voir lacher un jour par ses protecteurs qui beneficient de contrats juteux par milliards de dollars en contre partie. Et comme les temps changent et les hommes aussi... Les familles des victimes des annees 90 en algerie allaient bouger pour deposer des plaintes contre les harkis en europe suivies d\'une campagne pour sensibilser les ong et les peuples europeens pour informer de ce qui s\'etait rellement passe de monstrueux en algerie comme tueries de civils durant la decennie noire dans le pays ou des massacres de dizaines de milliers d\'algeriens ont ete perpetre par les harkis pour se maintenir au pouvoir par la force des armes contre la volonte du peuple algerien.